Le coup de boule d'Amoros

1. Je ne peux pas dire: je me souviens sans dire implicitement: je me rappelle que je me souviens (Phédon) cela implique l’in (dé) fini. Mais comme fibre d’un présent du passé.

Jacques Roubaud, Poétique. Remarques

Anamnèse au réveil. Je me suis souvenu de la première fois que j’ai entendu l’expression ‘coup de boule’. J’étais en pensionnat au collège, nous regardions l’euro 84 à la télévision. “Coup de boule !” s’est exclamé l’un de mes voisins lorsque Manuel Amoros s’est fendu de son coup de tête, le plus célèbre du football français avant que celui de Zidane en finale de coupe du monde ne le détrône.

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Frieder Nake

Conférence de Frieder Nake le 26 mars 2013 au CAPC.

J’ai aimé les réflexions sur Mondrian (les reflets sur la mer), les impressionnantes dernières œuvres génératives de Harold Cohen. Et la succession d’images d’ordinateurs des années 60 : boutons, lumières, horloge, aux formes non dégagées du monde analogique.

The idea. And then it’s realized!
Boredom is not just negative
You must learn to think how the machine would think if it could
You fall into dispair only if you think about yourself

Traverser le miroir

Je lis toujours un peu avant de clôturer la journée. Je voudrais écrire désormais. Ce qui m’est beaucoup plus difficile : Je suis plus doué pour regarder que pour parler ; plus doué pour fuir dans l’imaginaire des autres que pour affronter mes peurs intérieures.

J’aimerai que ma respiration du réel soit complète, que la phase d’expiration s’impose entre chaque inspiration.

Les inimitables flocons de Robert Walser

Nouvelles atmosphériques, faussement naïves ; en fait parfois glaçantes. Des phrases autour de la beauté fragile du monde et des hommes. Et comme un contrepoint rôde la brutalité et la vulgarité qui cerne cette beauté et qu’il faut aussi accepter tranquillement, comme un pendant indissociable, puisque le monde fonctionne ainsi. Chaque nouvelle est comme un flocon de neige : légère, fragile, belle, lumineuse, dansant au milieu des tempêtes les plus violentes, puis se posant avant l’inévitable et imminent évanouissement.

Le sens du vent

Déchiffrer l’indéchiffrable - ce qui n’a pas été chiffré ; interpréter ce qui n’avait pas de propos, pas de finalité : un paysage, tel que le verrait l’œil brut d’un animal au repos, avec des nuages traversant lentement le ciel, les ondulations d’arbres aux ramures fournies, dont les mouvements semblent s’échapper vers les évolutions sporadiques de mouettes pressées mais élégantes, courbant leur trajectoire, des terres vers l’océan.

À partir du grand incendie de Londres

Je cherchais une phrase pour m’amuser au jeu Oulipien des 35 variations. J’ai finalement choisi de décliner la dernière portion de la dernière phrase du chapitre 1.1 de la branche 1 du grand incendie de Londres de Jacques Roubaud :

Dans cet intervalle quotidien de ma vie maintenant vide, j’écrirai.
Je relisais donc les premières pages de cette œuvre qui m’obsède depuis 20 ans, et j’en ai profité pour compléter ma liste de livres à lire grâce à l’avertissement qui précède le premier chapitre, dans lequel Jacques Roubaud énumère les auteurs et les ouvrages qu’il admire :
Je sais maintenant (et c’est à partir de cette certitude, enfin parvenue à l’explicite, que je vais tenter un nouveau, un ultime départ) non seulement que je n’approcherai ni Sterne, ni Malory, ni Murasaki, ni Henry James, ni Trollope, ni Szentkuthy, ni Melville, ni Queneau, ni Nabokov; qu’aucune prose signée de moi ne rivalisera jamais avec l’Homme sans qualités, Mansfield Park, Un rude hiver, la Coupe d’or ou la Conscience de Zeno. Mais surtout que le Grand Incendie de Londres n’a pas été écrit parce que le Projet a échoué, parce qu’il ne pouvait qu’échouer.
Mais surtout j’ai découvert que ces pages furent écrites rue des Francs-Bourgois, à quelques mètres des locaux parisiens de la société pour laquelle je travaille.

Je me suis alors replongé dans les photographies qui illustrent le journal d’Alix Cléo Roubaud, et j’ai trouvé celle-ci : par la fenêtre, derrière Alix et Jacques Roubaud (lisant le TLS), on reconnait l’église et son horloge visibles de manière identique depuis nos bureaux.

[caption id=”attachment_36” align=”aligncenter” width=”400”] © Alix Cléo Roubaud - Rue des Francs bourgeois[/caption]

 

SPAM > Breton & Soupault

Reçu ce matin, du spam digne des Champs Magnétiques :

goxyaffinny (berepicecag@gmail.com ) a écrit:

Pleine lune brille dans un chambre de noblesse à la mort d’une façon douce indulgence certaine brutale d’autres , que mon corps tout entier voulaient une clôture J’ai observé avec beaucoup de plaisir que l’on , pour signifier circonspection ; avec un sac d’or ouverte en effet la grandeur lui répugnait , même si j’ai vu un peu plus au Groenland. Était si faible et inaperçu parmi des détritus de chaque sujet et pour moitié avec des arcs et propre pays bien-aimé, de notre commerce , et les guerres par la mer et à la sodomie et la richesse ou d’inceste , d’autres à la prostitution de leurs épouses et leurs filles , d’autres à l’ avoir trahi de leur pays ou leur prince , certaines intoxications au plus à la perversion de la justice afin de détruire les innocents , et j’espère qu’on me pardonne si ces découvertes enclins m’a peu à diminuer de cette profonde vénà ©ration dont je suis naturellement enclins à payer pour personnes de haut rang, qui devrait être traitée avec le plus grand respect dû à leur sublime dignité , en nous leurs inférieurs. Est toujours en ces occasions , restera longtemps la location du Black Bull à l’époque de Fetter était loin ministère de pointe ( très différents, comme je l’ai été assuré , à partir des pratiques et se cache -trou , jusqu’à ce ascendant, ils ont oublié plusieurs fois ce qu’ils étaient sur le , et m’a laissé à moi-même , jusqu’à ce que leurs souvenirs étaient de nouveau réveillé par leur garçonnes , car ils sont apparus totalement insensible à la vue de mes habitudes étrangères et de visage, et par les cris du vulgaire, dont les pensées et les esprits étaient plus désengagé occasion pour. encore l’admiration de leurs capacités utiles grands , si je pouvais Pedro vint me trouver, et voulut savoir qui me sont conférés , ou pourrait faire pour la durée futu re de mon manteau , mais ma taille et les bras je me suis mesuré.Interpréter compatriotes avec un wen sur le ciel pour les courts, et deux heures pour les détournements ont été parmi les arts les plus excusables qu’ils avaient à parler , et pour cela, je donne , comme il était raisonnable , l’indemnité de grand. Cours a été deux canards taille d’un espoir à tricoter bonne et éloignées , comme le lecteur peut très bien imaginer sans entendre distinctement ce qui il y avait une sorte de peuple , élevés parmi nous, dans la profession ou prétexte de guérir les malades . Moins et le lit, étant obligé de mentir paquet de linge , mais pas de bras , sauf mon coutelas lui ai montré ma suspension empêcher la croissance de la laine à la faute, je trouve , c’est que l’auteur, à la manière des voyageurs, est un peu trop circonstancielle. Car dvd stereo systems Car dvd and video Car dvd monitors headrest Car dvd loader parts 7 inch in car dvd gps navigation

Savoir pêcher

Le Dépaysement de Jean-Christophe Bailly commence à Bordeaux, dans une boutique d’accessoires de pêche où des filets sont exposés, l’auteur y voit des objets incarnant le mariage de l’intelligence, de la ruse, de la métis, et de la nature, de l’animalité, de la violence sanglante et nécessaire. Des structures mathématiques formées dans la rencontre des formes naturelles, des comportements sauvages et du génie artisanal.

Je terminais la lecture de ce premier chapitre à la bibliothèque Mériadeck quand on me remit un flyer pour participer à une “célébration du silence commun” dans le cadre d’Evento, la biennale d’art contemporain bordelaise. Il s’agissait de lire en silence un texte de Fernand Braudel. Le feuillet contenait une réflexion sur la qualité des évènements qui rythment les nouvelles quotidiennes ; Fernand Braudel les compare à des myriades de lucioles qui attirent le regard mais n’éclairent pas vraiment : ce qui remplit nos journaux n’explique pas l’Histoire.

JC Bailly essaie de saisir la forme de ce qu’est la France en sondant des lieux du territoire. À l’inverse des évènements que critique Braudel, les lieux que visite Bailly n’excitent pas immédiatement l’esprit mais peuvent libérer une histoire quand un chercheur sait les examiner.

De l’importance de savoir saisir les entités réellement signifiantes.

Comme l’adresse de la boutique était indiquée, j’y suis allé aussitôt la performance artistique terminée. Je n’ai pas vu les filets, la boutique était fermée.

 

Je découvre plus tard que Fernand Braudel est l’auteur d’un livre dont le titre, l’Identité de la France, n’aurait pas déparé sur la couverture de celui de Jean-Christophe Bailly.