Promenade dans le vieux Bordeaux

Temps lourd, humide. Je marche fatigué entre la place St Michel et le conservatoire.

Des appartements qui se désagrègent sous l’œuvre du temps et de l’humidité du quartier ; les pierres abîmées, écroulées, les volets éventrés au bois gonflé et sombre, forment de complexes structures qui font écho à l’église Saint-Michel, à son clocher dentelé, à ses jeux de lumières et d’ombres.

Des fenêtres sont bordées de chats. J’ose un coup d’œil à travers l’une d’entre elles. Dans une pièce sombre, entre une paire d’autres chats, une vielle femme vêtue d’une blouse surannée me tourne le dos, elle s’éloigne de mon regard au ralenti.

De vielles rues conservent leurs noms anciens gravés dans la pierre. On a placé à côté une plaque moderne avec leur nouveau nom, qui n’est parfois que l’orthographe rectifiée de l’ancien (on aurait retrouvé je ne sais où le véritable nom du personnage concerné ?).

Ce n’est pas clair. Par exemple pour la rue Carbouneau, renommée Carbonneau, Le Nouveau Viographe de Bordeaux de Robert Coustet indique trois autres noms :

Carbonneau, rue (1311)

Dans les textes médiévaux, cette voie est dite rua Carbonelh, rua Carbonelli, rua Adam Carboneu. À l’évidence, cet Adam Carbonneau est un habitant de la rue, peut-être charbonnier.