À partir du grand incendie de Londres

Je cherchais une phrase pour m’amuser au jeu Oulipien des 35 variations. J’ai finalement choisi de décliner la dernière portion de la dernière phrase du chapitre 1.1 de la branche 1 du grand incendie de Londres de Jacques Roubaud :

Dans cet intervalle quotidien de ma vie maintenant vide, j’écrirai.
Je relisais donc les premières pages de cette œuvre qui m’obsède depuis 20 ans, et j’en ai profité pour compléter ma liste de livres à lire grâce à l’avertissement qui précède le premier chapitre, dans lequel Jacques Roubaud énumère les auteurs et les ouvrages qu’il admire :
Je sais maintenant (et c’est à partir de cette certitude, enfin parvenue à l’explicite, que je vais tenter un nouveau, un ultime départ) non seulement que je n’approcherai ni Sterne, ni Malory, ni Murasaki, ni Henry James, ni Trollope, ni Szentkuthy, ni Melville, ni Queneau, ni Nabokov; qu’aucune prose signée de moi ne rivalisera jamais avec l’Homme sans qualités, Mansfield Park, Un rude hiver, la Coupe d’or ou la Conscience de Zeno. Mais surtout que le Grand Incendie de Londres n’a pas été écrit parce que le Projet a échoué, parce qu’il ne pouvait qu’échouer.
Mais surtout j’ai découvert que ces pages furent écrites rue des Francs-Bourgois, à quelques mètres des locaux parisiens de la société pour laquelle je travaille.

Je me suis alors replongé dans les photographies qui illustrent le journal d’Alix Cléo Roubaud, et j’ai trouvé celle-ci : par la fenêtre, derrière Alix et Jacques Roubaud (lisant le TLS), on reconnait l’église et son horloge visibles de manière identique depuis nos bureaux.

[caption id=”attachment_36” align=”aligncenter” width=”400”] © Alix Cléo Roubaud - Rue des Francs bourgeois[/caption]